Payer ses dettes

La dette technique est un concept intéressant en informatique. Elle représente en une seule idée les coûts de modification, d’amélioration et de maintenance d’un logiciel. L’intérêt sur cette dette s’élève à mesure que le logiciel se complexifie.  Elle peut même devenir tellement élevée que tous les nouveaux développements deviennent presque irréalisables.  Mais, à la fin, est-ce qu’on peut faire banqueroute à cause de la dette technique ?

Est-ce que vous vous souvenez de Netscape ? Il était, voici quelques années, synonyme de l’internet.  Tout le monde utilisait ce logiciel pour naviguer sur le web.  Aujourd’hui le nom est quasiment disparu et il ne subsiste de lui que quelques traces sous les traits d’un portail web.  Les raisons de sa disparition sont nombreuses et complexes.  Certains blament la fusion avec AOL, d’autres la distribution d’Internet Explorer avec Windows et quelques uns sur la complexité et la lourdeur du code source du navigateur.

À l’époque Netscape était en compétition féroce avec Internet Explorer et il commençait à montrer son âge.  Il devenait de plus en plus lent en comparaison aux autres navigateurs.  Les nouveaux standards du web comme les feuilles de styles (CSS) ne fonctionnaient pas.  Bref, il perdait la course et les utilisateurs commençaient à migrer vers d’autres navigateurs plus récents.  Une nouvelle version du navigateur devait être faite et le développement de la version cinq fut débuté.

La version cinq de Netscape était basé sur le code source de la version précédente.  Il contenait des années d’ajustements, de correctifs et d’améliorations.  Cependant, ces années de perfectionnement avait leur prix.  Le code source était devenu extrêmement complexe et difficile à maintenir.  Après quelques temps, tout le travail sur cette version fut annulé et la décision fut prise de repartir sur de nouvelles bases ce qui allait nous donner éventuellement Mozilla.  Ce changement signifia la fin de Netscape en tant que roi de l’Internet.

La mort de Netscape aurait pu être partiellement prévue si on tient compte de la dette technique.  Le coût de l’ajout d’une nouvelle fonctionnalité est devenu très élevé.  Les modifications ont eu des répercussions partout dans le logiciel.  À ce moment, la dette technique s’est révélée difficile à soutenir et il est devenu plus tentant de s’en débarrasser que de la payer.  Netscape avait littéralement fait faillite.

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Une réflexion au sujet de « Payer ses dettes »

  1. Ça me rappelle le problème du « legacy code » rencontré dans les principaux logiciels systèmes lors de migration en 32 ou 64 bits (MacOs X et Win 2000 en particulier)

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